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Chroniques CD ODERINT DUM METUANT (2003)
METALLIAN (Sept.03)

CHRONIQUE OBSKURE
Antrum Mortis, nous présente ici sa première démo. A ma connaissance, les terres des contrées auvergnates semblent bien épargnées jusqu'à présent par les formations sombres. A l’origine orchestré par Lord Daemones, L.Torden vint cracher les satyric vocals le line up avant que tout récemment guitariste et bassiste ne viennent infiltrer l’antre de la mort.
Antrum Mortis confectionne un black metal symphonique un brin hystérique tinté d’une production honnête pour une démo. D’entrée, ce qui frappe l’auditeur est le niveau des claviers ! Nul doute qu’il s’agit là du gros point fort du groupe. Ils sont très orchestraux et laissent présager un futur radieux pour la formation si elle décide de les développer plus avant encore. On sent nettement les influences d’Emperor ou d’Anorexia Nervosa pour l’hystérie. Sans avoir le niveau du génial Xort, monsieur orchestre symphonique à lui tout seul, le claviériste Lord Daemones place des séquences et des samples parfois vraiment somptueux en l’occurrence en intro de L’Ange Noir ou de Bastard Of God. Les intros sont particulièrement soignées comme sur Destinée. A l’écoute, les bons moments sont parsemés tout au long de cette démo : parfois certaines séquences de claviers magnifiques se dégagent dans des morceaux malheureusement bien trop longs.
La voix de L.Torden même si elle est assez haineuse et hystérique peut être parfois redondante car le chant et le phrasé sont par trop monocordes sur l’ensemble de l’opus. On aimerait donc plus de variété sur ce point, il semble que ce soit la reverb du chant qui soit trop appuyée. Outre ce détail, le défaut que l’on peut faire à cette musique qui est néanmoins pleine d’avenir est la longueur des morceaux qui atteignent les 15 minutes parfois. C’est un défaut courant chez les jeunes groupes qui veulent absolument engendrer des pièces classiques mais le problème est qu’à l’écoute on a tendance à ne pas aller jusqu’au bout. Observons donc le black des maîtres Anno pour s’apercevoir que l’intensité phénoménale de leur black symphonique baroque s’accommode parfaitement de titres de 6 minutes environ. Ajoutons que les riffs de guitares viennent bien s’enchevêtrer avec les claviers pour laisser apercevoir déjà un début d’unité musicale pour cette démo. En ce sens, il ne m’étonnerait pas que le groupe suive le chemin artistique d’Anno (la période hystérique Drudenhaus surtout) qui n’a encore que très peu d’épigones comparativement à son black novateur.
Au total, Antrum Mortis fait donc ici une belle apparition sur le terrain du black symphonique et le niveau du claviériste laisse présager un bel avenir. Il suffirait d’acquérir un peu plus de variété dans les compos qui ont tendance à sonner un peu trop à l’identique et surtout de raccourcir les titres. Le line up complet est aujourd’hui complet et on attend ses créations. va permettre sans nul doute au groupe de faire un gros bond qualitatif en ce qui concerne basse / batterie. Espérons farouchement qu’il continue à tout fonder sur les claviers et même à les mettre encore plus en avant tant ils sont vraiment magnifiques sur certaines séquences.
CHRONIQUE LA PART D'OMBRE
ANTRUM MORTIS / ODERINT DUM METUANT Avec cette première démo, le duo Clermontois d'ANTRUM MORTIS nous ouvre la voie vers ce qu'a été dans sa grandeur le black métal symphonique. N'entendez pas par là : "black symphonique actuel" aux relents gothique ou technique ,non, mais voyez plutôt celui désuet, laissait quelque part aux 90' là où la force et l'obscurantisme tenaient en grandeur cette harmonie. Ainsi dit, ces réfractaires et conservateurs du grand art nous offre au long de 60 bonnes minutes des compos avoisinant les dix minutes de moyenne aux structures aussi riches de haines et de mépris que de symphonies attribuées à des nappes de claviers continues et à l'interprétation toute aussi riche et réfléchie dans la variété ! Riche. Voici d'ailleurs un mot qui définit bien cet album, qui dans sa quintessence du mal nous offre autant de mélodies en son black métal qu'en y conservant au chevet une aura froide et malsaine propre à la scène Scandinave qui dominait le style voici dix années. Non loin du black metal wagnerien par ses nuances théâtralisées, ANTRUM MORTIS va au delà, en multipliant par exemple les variétés de chants, ce qui enrichie au plaisir des compos déjà entières. D'une dominance black et froide , ce sont des backing sombres et gutturaux, parfois en duo ou encore en chants clairs (voire en orateurs sombres) et en choeurs qui s'attachent à ce tout en véritable enrichissement (les textes blasphématoires étant en plus en Français !!!). Plus d'une écoute est d'ailleurs nécessaire pour percevoir tout ce que cet album (l'attribution est justifiée) a à fournir ! Que ce soit en ses nombreux riffs de fond, ses avancées mélodiques, ses nombreuses variétés de symphonies omniprésentes, ses chants aussi nombreux ou encore sa boîte à rythmes à la programmation sans défauts, ce duo signe tout simplement là un lien avec le passé et la grandeur du black Symphonique ! Superbe !
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